L'ONU vient de reconnaître l'accès à l'eau potable comme un droit humain. Pour Chantal Jouanno secrétaire d'Etat à l'Ecologie, c'est une "avancée historique", estimant qu'ainsi, les pays concernés ne pourront plus se retrancher derrière le seul argument du manque de moyens.
Après plus de 15 ans de débats, l'Assemblée générale des Nations unies a voté le 28 juillet 2010 une résolution rédigée par la Bolivie. Désormais, "le droit à une eau potable propre et de qualité, et des installations sanitaires est un droit de l'Homme, indispensable à la pleine jouissance du droit à la vie".
"Pour Chantal Jouanno, "Cela implique que tous les pays qui ont une ambition démocratique doivent maintenant essayer de se donner les moyens, ou de structurer leur organisation, pour répondre à cette attente". La question de l'accès à l'eau "n'est pas fondamentalement un problème économique".
"Ce n'est pas le manque d'eau qui tue, c'est l'eau sale. C'est le fait qu'on n'ait pas organisé l'entretien des puits et l'assainissement autour des communautés locales", a-t-elle ajouté. Le "nerf de la guerre, c'est de travailler la gouvernance, plus que l'argent".
Aussi, selon elle, "la reconnaissance de ce droit permet de sortir de cet argument systématique qui fait qu'on disait : on a pas les moyens, circulez, il n'y a rien à voir".
Pour Chantal Jouanno, "le combat suivant, c'est, au sein des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), de replacer le droit de l'accès à l'eau et à l'assainissement en tête des objectifs. Actuellement, c'est un sous-objectif", a-t-elle regretté.