Dans cette rubrique
Garonne 2050
Afin de prévoir les incidences des changements globaux, dont celui du climat, sur la Garonne à l'horizon 2050, l’Agence a initié une étude prospective sur les besoins et les ressources en eau de ce fleuve. Objectif : adapter ses politiques d’intervention.
Cinq scenarii, volontairement tranchés, ont été construits par un groupe d’acteurs au cours de plusieurs ateliers.
Une défaite partielle des politiques environnementales
Les conflits entre politiques environnementales et politiques économiques se solderaient par une défaite des premières. Augmentation du coût de l’énergie et de la population, étalement urbain, baisse de la surface agricole utile… Les surfaces irriguées diminueraient en été et augmenteraient au printemps, afin d’optimiser l’eau disponible. Une autorité régulatrice coordonnerait en temps réel la gestion des ouvrages de stockage pour mieux répondre aux différents usages, l’eau potable restant prioritaire. Le bon état écologique prôné par la DCE (directive cadre sur l'eau) ne serait pas atteint.
Une augmentation des ressources disponibles
Dans un contexte énergétique mondial tendu, tout serait fait pour limiter les émissions des gaz à effet de serre et garantir un accès à l’énergie (hydroélectricité, biomasse, nucléaire). Consommations urbaines d’eau et d’énergie seraient maîtrisées. De nouveaux barrages et retenues permettraient d’augmenter l’hydroélectricité et l’irrigation, entraînant à la fois une hausse du prix de l’eau et une bonne gestion des étiages. L’objectif de continuité écologique serait abandonné et la définition du bon état écologique modifiée.
Une crise économique et une baisse des consommations
Avec une forte décroissance économique et la prise de conscience de la rareté des ressources, les politiques publiques généraliseraient les économies d’eau et d’énergie. Le contexte mondial ne bénéficierait pas à l’agriculture locale (forte baisse de la surface agricole utile et du nombre d’exploitations). Les forêts et les friches seraient utilisées pour produire de la baisse des prélèvements, le prix de l’eau augmenterait afin de protéger les écosystèmes pour services rendus (auto-épuration, soutien d’étiage, …) et reconquérir partiellement la continuité écologique.
Une croissance verte
Face à la forte croissance démographique des villes et à l’augmentation des prix de l’énergie, des programmes d’adaptation à la rareté seraient mis en place. Ce scénario mise sur une forte baisse des consommations d’eau et d’énergie des ménages et l’utilisation des ressources non conventionnelles (eaux pluviales, usées, dessalement). De petits barrages seraient construits pour des usages très locaux (agriculture, eau potable, hydroélectricité) en fonction des priorités territoriales. Le prix de l’eau augmenterait pour tous les usagers. L’agriculture, avec une surface agricole utile stable, adopterait des pratiques “écologiquement intensives”, produirait et irriguerait davantage. Les zones humides, indispensables aux écosystèmes, seraient préservées mais la continuité écologique non assurée.
Un développement économique ultra-libéral
Crises financières, austérité des budgets publics, choix drastiques d’investissements pour relancer l’économie feraient abandonner les projets de barrages et les objectifs de la DCE, trop onéreux. La croissance démographique sur l’axe de la Garonne entraînerait une forte hausse des prélèvements, devenus aléatoires l’été. Les politiques publiques seraient plus permissives à condition que les usagers financent le stockage de l’eau nécessaire pour ne plus dépendre de prélèvements directs dans le fleuve. Seules quelques grandes entreprises à but capitaliste valoriseraient les terres agricoles, assumant agrandissements fonciers ou droits d’accès à l’eau.
Il s’agit désormais de quantifier ces scenarii pour évaluer leurs implications respectives sur la gestion de l’eau. Plus de détails sur la phase narrative sur www.garonne2050.fr.





