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La Garonne
Donner de l’eau à la Garonne en été

Depuis 1993, la Garonne fait l’objet d’un soutien d’étiage sous la responsabilité du Syndicat mixte d’études et d’aménagement de la Garonne (SMEAG). Le soutien d’étiage consiste à augmenter le débit d’une rivière par déstockage d’eau à partir d’ouvrages :
- soit dédiés (barrages de réalimentation conçus et gérés dans cet objectif de soutien des débits et de compensation des prélèvements),
- soit à vocation hydroélectrique.
Dans le cas de la Garonne, le soutien d’étiage mobilise les ouvrages hydroélectriques d’EDF (51 millions de m3 depuis les réserves ariégeoises de Izourt, Gnioure, Laparan, Soulcem, et depuis le lac d’Oô). Il concerne également le réservoir de Montbel (7 millions de m³ non garantis à partir du 15 septembre), en sollicitant cet ouvrage au-delà de ses propres objectifs de compensation des prélèvements ariégeois (30 millions de m³ environ).
Ce soutien d’étiage est défini dans le cadre de conventions pluriannuelles passées entre le SMEAG et les gestionnaires des ouvrages (EDF, Institution Interdépartementale pour l’Aménagement du Barrage de Montbel).
L’objectif est d’assurer pendant la période d’étiage (juillet/octobre) :
- un niveau de débit suffisant sur la Garonne, notamment au regard des Débits Objectifs d’étiage (DOE) fixés par le SDAGE,
- et ce en fonction des ressources disponibles, avec les difficultés liées au fait que les réserves situées très en amont du bassin transitent essentiellement par l’Ariège (et non la Garonne amont), et que les volumes et débits disponibles restent limités au regard du déficit à combler.
Au droit de Toulouse, les défaillances régulières au regard du DOE 1983, 1986, 1989, 1990, 1991 sont devenues plus rares et moins prononcées (1998, 2003, 2006). Au droit d’Agen, l’amélioration reste néanmoins très en deçà d’une satisfaction du DOE.
Réalimentation de la Garonne en 2011
Sur le bassin Adour-Garonne, 800 millions de m3 (soit presque l'équivalent du volume total annuel prélevé par l'irrigation en année moyenne) sont stockés dans les réservoirs(1) ou mobilisables à partir de certains barrages à vocation hydroélectrique.
Entre le 1er juillet et le 31 octobre, lorsque les débits sont trop bas, sur ordre du Smeag, de l'eau est lâchée depuis certains barrages EDF, notamment pour "alimenter" la Garonne.
Les débits d'octobre, à Toulouse, habituellement de l'ordre de 100 m3/s, n'étaient, en 2011, que de 50 m3/s, en incluant les 10 m3/s du soutien d'étiage à partir des barrages EDF. De fin aout à fin octobre, plus de 40 millions de m3 ont été injectés, sur une réserve mobilisable de 55 millions de m3.
Ces déstockages ont pris fin, aux termes de la convention, au 31 octobre.
En premier bilan :
- une mobilisation de 76 % du stock ont été mobilisés (42 millions de m3 sur 55 millions de m³) concentrée sur septembre-octobre (hors période de forts prélèvements agricoles)
- une réduction des déficits de 83 % à Toulouse et de 36 % à Agen. Sur la Garonne moyenne (entre confluence Tarn et Lot), le déficit était de 56 millions de m3; sans le soutien d'étiage, il aurait été de 85 millions de m3)
- 2011 constitue la 12e année de plus fort déficit en 44 ans
- 2, 33 M€ financé à 75% par l'Agence de l'eau, 20 % par le Sméag (financement des collectivités territoriales) et 5% par EDF
1 - L'Agence a apporté 168 M€ en 25 ans pour constituer ces réserves
Gérer les crises
Conséquence de l’amélioration des débits, la gestion de crise et donc les mesures de restriction, intervient moins fréquemment. Les usages, notamment les prélèvements agricoles, bénéficient du soutien d’étiage, même si on ne peut encore parler d’une sécurisation huit années sur dix, comme cela serait le cas avec la complète résorption du déficit de l’axe Garonne.
Conformément au SDAGE et au plan de gestion des étiages (PGE) Garonne-Ariège, le soutien d’étiage doit faire l’objet d’un recouvrement des coûts auprès des usagers bénéficiaires.
Actuellement, dans le cadre d’un dispositif transitoire, les usagers préleveurs sont mis à contribution via une majoration de la redevance prélèvement perçue par l’agence de l’eau Adour-Garonne. Il en résulte, depuis 2008, une participation financière des usagers de 30 % (agriculture : 13 %, industrie : 11 % et collectivités locales : 6 %) et un plan de financement de 75% agence (dont les 30 % issus de la majoration de la redevance), 20 % SMEAG et 5 % EDF.
Le SMEAG réfléchit actuellement à la mise en place d’une tarification des usagers bénéficiaire de ce service. Cette procédure devra faire l’objet d’une enquête publique préalablement à son application.





