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Agence de l'Eau Adour-Garonne

Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement

Au service
des milieux aquatiques
du bassin Adour-Garonne

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Milieux aquatiques et biodiversité

Le littoral

Avec 400 km de côtes et trois estuaires (Adour, Charente et Gironde), le littoral du bassin Adour-Garonne est un milieu riche mais fragile.
Lieu de rencontre d’eaux douces et d’eaux salées, les estuaires, les marais associés et le littoral sont des milieux complexes, d’une richesse écologique exceptionnelle en termes de production primaire (nourriture) et de diversité. Fragiles, ils sont sensibles aux apports locaux (permanents et liés à une forte attractivité touristique) et à ceux de l’amont (apport d’eaux douces, pollutions). Ils sont soumis aux fluctuations des marées et de la houle, aux courants et au régime du fleuve.

Le littoral, milieu spécifique

Il se caractérise par :

  • des eaux douces, saumâtres et salées,
  • une faible épaisseur d'eau qui favorise une photosynthèse intense,
  • une forte biodiversité,
  • des usages sensibles à la qualité des eaux (baignades, conchyliculture, ...) susceptibles d'être contaminées par diverses pollutions,
  • un espace limité, objet de concurrence et de convoitise pour son occupation.

Des eaux douces littorales

Elles comprennent  :

  • les principaux cours d'eau de la frange littorale sont la Seudre, la Leyre, la Nivelle et la Bidassoa ;
  • des marais doux de Brouage en retrait du littoral ;
  • des lacs et étangs éphémères (Cazaux - Sanguinet, Parentis - Biscarosse, Aureilhan – Mimizan) formés à partir du cordon dunaire qui drainent un bassin versant d'environ 2 350 km2 et couvrent une superficie d’environ 190 km2.

Ces lacs, bordés de marais à l'est et de plages de sable fin à l'ouest, présentent une dissymétrie du fond situé au-dessus du niveau de la mer, ce qui peut provoquer des déversements en cas de montée des eaux.

D'autres lacs ont maintenu leur exutoire, appelé ”courant“, où la marée ne pénètre qu'en haute mer. Leur embouchure se déplace vers le sud au gré de la dérive littorale et des apports en sable.

  • l'estuaire de la Gironde, le plus vaste de toute l’Europe (450 km2). La concentration de pollution (matières organiques et cadmium) provoque une baisse d'oxygène variable en fonction des saisons
  • l’estuaire de l’Adour.

Voir la vidéo "Passer sans encombre l'estuaire pour les poissons migrateurs"

Des eaux saumâtres ou salées

Elles comprennent :

  • la façade atlantique du bassin Adour-Garonne qui s'étend du sud de La Rochelle à Hendaye. Son expansion démographique est forte, notamment sur la côte basque, Bordeaux/Arcachon et Royan.
  • des marais salés de l'île d'Oléron, ainsi que des marais salés et vasières associés à d'anciens marais salants, en bordure de l'estuaire de la Seudre.
  • le bassin d'Arcachon (155 km2)  qui relève des mêmes processus de formation que les lacs du littoral aquitain. Sur le plan géomorphologique, le bassin est une lagune. Il draine une surface de plus de 4 100 km2. Il est le seul à avoir maintenu un exutoire permanent avec l'océan.
  • la frange côtière et la mer forment un paysage particulier et changeant. La marée dynamique entraîne une circulation des eaux, de l'amont vers l'aval comme de l'aval vers l'amont. L'onde de marée touche quasiment en même temps l'ensemble des côtes. L'amplitude des marées ne dépasse pas 5 mètres.

Un réservoir de vie incomparable

La biodiversité des milieux littoraux tient à la juxtaposition et au mélange d'eaux douces, saumâtres et salées. Elle favorise une diversité écologique, faunistique et floristique.

Tous ces milieux, interdépendants, appartiennent au même écosystème. La richesse de leurs échanges est la clé d'un fonctionnement équilibré et cohérent. Leurs fonctions écologiques sont indissociables et leur gestion est d'autant plus délicate.

Le milieu estuarien est une zone de frayères de poissons de mer (plies, bars, soles), de nurserie (aloses, lamproies, crevettes, esturgeons…) et de passage des poissons migrateurs. Les étangs et les marais accueillent de nombreux oiseaux (hivernage et migration) et servent à l’ostréiculture et à l’aquaculture.

Activités humaines et qualité de l’eau

Les bassins côtiers représentent un territoire de 19 000 km2, avec une densité de population de 1,8 million d'habitants auxquels s'ajoutent 1,2 million de saisonniers.

Les activités économiques directement liées à la mer et aux estuaires sont nombreuses :

  • la pêche au large dans les pertuis, les baies et les estuaires ;
  • la conchyliculture à Marennes Oléron en Charente-Maritime, sur le bassin d'Arcachon en Gironde et sur le lac d'Hossegor dans les Landes ;
  • le tourisme balnéaire sur toute la côte atlantique.

En moyenne, les activités agricoles (élevage, vigne, sylviculture et grandes cultures) requièrent 215 millions de m3 d’eau par an, les activités industrielles telles que l’agroalimentaire ou l’industrie du bois nécessitent un peu plus de 74 millions de m3 d’eau et l’approvisionnement en eau potable en réclame 188 millions.

La préservation de ces milieux naturels, le maintien des activités économiques et les besoins en eau potable sont en concurrence directe face aux ressources en eau.

Loi littoral : dérogation en Aveyron

Par dérogation à la loi “littoral”, l’article L. 146-8 du code de l’urbanisme prévoit une procédure d’autorisation exceptionnelle de station d’épuration pour des communes maritimes. Elle s’applique aussi aux grands lacs, comme Pareloup, dans l’Aveyron, au bord duquel se situe la commune de Salles-Curan. Cette procédure exceptionnelle de dérogation s’impose car ce site n’est pas situé dans la continuité du tissu urbain existant. Ce lac, plus imposante réserve artificielle de la région avec 170 millions de m3 d'eau, est la pièce maîtresse des cinq lacs du Lévezou aménagés entre 1970 et 1980 pour la production hydroélectrique.

Depuis trois ans, le préfet a mis en demeure Salles-Curan de mettre aux normes européennes son système d’assainissement. La capacité actuelle de la station d'épuration (1 000 EH), de type lagunage naturel, est insuffisante au regard des besoins. Suite à l’analyse des différents sites possibles et des techniques alternatives, la mairie propose une nouvelle station d’épuration de 2 250 EH, au lieu dit la Carrière, en bordure de lac, à environ 650 mètres de la station actuelle. Le niveau de rejet de la  future station permet de respecter l'objectif de bon état écologique. Ce projet étant prioritaire pour l'Agence, elle a programmé de le financer en 2012 au taux de 50 %.