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Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement

Au service
des milieux aquatiques
du bassin Adour-Garonne

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Eau et activités économiques - Autres types de pollution

Autres types de pollution

L’activité agricole peut générer, au-delà de la pollution par les élevages ou les produits phytosanitaires, d’autres types de pollution, notamment celles dues aux microorganismes pathogènes, aux résidus de médicaments vétérinaires, aux matières en suspension et aux éléments traces métalliques.

Microorganismes pathogènes

Les effluents des animaux d’élevage sont très riches en microorganismes potentiellement pathogènes. On considère qu'un bovin représente pour les apports en microorganismes l'équivalent d'un rejet de 10 habitants, un porc 30.

Les rejets direct des animaux dans les cours d’eau (accès direct au cours d’eau pour l’abreuvement), les effluents non maîtrisés de bâtiments d’élevage, ainsi que le ruissellement issu de parcelles sur lesquelles des effluents animaux ont été épandus peuvent contaminer les cours d’eau en microorganismes pathogènes à un niveau tel que la baignade ou les loisirs nautiques peuvent être affectés, y compris en tête de bassin versant (dans les zones d’élevage extensif). C’est l'une des problématiques du bassin du Célé dans le Lot et le Cantal, mais aussi des plages du pays basque. Elles peuvent être ponctuellement polluées par les pathogènes issus des élevages du bassin versant, dont les effluents peuvent être entrainés par les pluies d’orage jusqu’au littoral.

Le stockage des effluents d’élevage dans de bonnes conditions (durée, capacité) et des pratiques comme le compostage peuvent réduire les rejets de microorganismes pathogènes dans l'environnement.

Médicaments vétérinaires

L’élevage, via l’accès direct des animaux au cours d’eau ou les rejets directs de bâtiments, l’épandage d’effluents ou l’aquaculture, peuvent contribuer à l’introduction directe de médicaments vétérinaires (antibiotiques, antiparasitaires, antifongiques, médicaments hormonaux) dans le milieu naturel.

L’évaluation du risque de ces médicaments, menée par l’Anses (ex Afssa), via l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV), peut conduire au refus d’autorisation du médicament, si le risque éco toxicologique est estimé supérieur aux bénéfices attendus. Les risques liés à l’exposition indirecte des produits de transformation des médicaments sont aujourd’hui très mal connus.

A la différence du médicament humain, les résidus de médicaments vétérinaires se retrouvent directement dans l’environnement, sans passer par des stations d’épuration ou des fosses septiques. Seul, le stockage des déjections animales peut permettre une certaine dégradation des résidus de médicaments avant qu’ils n’atteignent l’environnement.

C’est une problématique encore peu connue sur notre bassin.

Matières en suspension

Quand le bétail s’abreuve en bord de cours d’eau, il peut piétiner les berges, provoquant une remontée de matières en suspension (MES). Leur présence dans l’eau réduit la luminosité et abaisse la photosynthèse par les plantes, pouvant diminuer l’oxygène dissous. Elles ont aussi des effets mécaniques : colmatage des branchies des poissons, dépôt et colmatage des frayères, réduction du développement des végétaux et invertébrés de fond, etc.

Elles peuvent aussi découler de l’érosion des terrains agricoles et du ruissellement des eaux de pluie.

Les impacts liés à ces matières en suspension sont particulièrement importants sur les têtes de bassin et les très petits cours d’eau, comme par exemple en Corrèze (19), ou sur les bassins du Viaur (12) et du Célé (46-15), où la remontée des points d’abreuvement des animaux est une solution préconisée dans les Plans d’actions territoriaux

Éléments traces métalliques (ETM)

Les ETM se retrouvent dans de nombreux produits utilisés en agriculture :

  • fertilisants inorganiques provenant de minerais (engrais phosphatés et potassiques),
  • fertilisants organiques (fumier, compost, lisier) riches en Cu et Zn, qui sont des compléments alimentaires pour favoriser la croissance du bétail et lutter contre certaines maladies,
  • pesticides, en particulier les sulfates et hydrates de Cu et certains produits de synthèse utilisant Cu et Zn comme éléments actifs,
  • amendements calcaires, qui en contiennent peu, mais en élevant le PH des sols, ils y modifient le comportement de ces ETM,
  • boues de station d’épuration valorisées en agriculture, en fonction notamment des activités reliées à la station d’épuration qui les produit. Une réglementation très stricte encadre l’usage des boues et prend en compte la problématique des ETM.